GFT — Théorème fondamental des écarts
$\log_2 m = D_\mathrm{KL} + H$ — principe fondamental de la persistance.
Énoncé
Pour toute distribution de probabilités sur les classes de , l’identité suivante est tautologique :
où :
- est la capacité informationnelle totale (entropie de la distribution uniforme sur états),
- est la divergence de Kullback–Leibler de par rapport à l’uniforme,
- est l’entropie de Shannon de .
La capacité totale se conserve : tout ce qui n’est pas « information persistante » () est « bruit » (), et réciproquement. Cette conservation est le principe fondamental de la persistance.
IdentitéLecture vulgarisée. Imaginez un budget total fixé à bits (la « capacité informationnelle »). Chaque distribution divise ce budget en deux parts : ce qui est structuré (s’éloigne de l’aléatoire pur) et ce qui reste désordonné. La somme des deux est exactement le budget total. Pas plus, pas moins. C’est la version PT du principe fondamental : la capacité ne se crée pas et ne se détruit pas, elle se partage entre persistance et entropie.
Pourquoi ça compte
GFT est l’identité maîtresse de la PT, c’est-à-dire le principe fondamental de la persistance. Elle donne le cadre dans lequel toutes les conservations se formulent : à chaque pas du crible, l’information qui « se persiste » ( qui croît) compense exactement l’entropie qui « se libère » ( qui décroît). Pas de perte, pas de gain net.
Conséquences directes :
- Borne de Bekenstein : (l’information persistante ne peut pas dépasser la capacité), donc .
- Flèche du temps : (pour toute évolution qui préserve ).
- Équivalence Ruelle : , énergie libre nulle.
C’est aussi GFT qui justifie la sémantique « persistance » du nom de la théorie : ce qui « persiste » est précisément .
Démonstration — schéma
- Écrire .
- Distribuer le logarithme : .
- Sommer : .
- Reconnaître : le premier terme est , le second est .
- Réarranger : , soit .
Démonstration détaillée
Étape 1 — Définition de
La divergence de Kullback–Leibler entre et la distribution uniforme est :
Étape 2 — Distribution du logarithme
Par propriétés du logarithme :
Substituons :
Étape 3 — Normalisation et entropie
Comme est une distribution, , et par définition de l’entropie de Shannon, .
Donc :
soit, en réarrangeant :
CQFD
L’identité est purement algébrique. Elle ne dépend ni de la nature de (arbitraire), ni de l’origine physique des états, ni de quelconque hypothèse dynamique. C’est ce qui en fait une identité au sens fort, plus forte qu’un théorème : elle ne peut pas être falsifiée car elle est vraie par les seules règles de l’algèbre.
Conséquence — borne de Bekenstein
Comme pour toute distribution (entropie positive), on a immédiatement :
C’est la borne de Bekenstein universelle : aucune distribution sur états ne peut avoir plus de bits de structure persistante. La PT identifie cette borne au cap holographique de l’information dans une région finie.
Conséquence — flèche du temps
Si une évolution dynamique préserve (cas du crible : fixe), alors :
Toute augmentation de se paie par une diminution équivalente de , et inversement. C’est la flèche du temps PT : l’évolution naturelle fait croître (second principe), donc fait décroître (« décristallisation »). Le crible inverse cette flèche localement — croît à chaque étape, ce qui définit la « persistance ».
Conséquence — équivalence Ruelle
Pour la matrice de transfert , la fonction de partition de Ruelle vaut :
où la somme porte sur les valeurs propres de . À la limite , cette fonction devient l’exponentielle de l’entropie topologique. GFT donne l’identité explicite avec comme cap, et l’énergie libre (au sens Ruelle pur).
Pour la dérivation complète et les conséquences (Bekenstein, flèche du temps, Ruelle), voir chapitre 4 de la monographie.
Voir aussi
- T2 — Conservation spectrale — version spectrale de la conservation
- Essai — Qu’est-ce que la persistance ? — la sémantique de
- Tous les théorèmes