Théorie de la Persistance
Théorème

T6 — Holonomie

$\sin^2 \theta_p = \delta_p (2 - \delta_p)$ — la trigonométrie émerge du crible.

Énoncé

Pour tout premier pp et paramètre de branche qq avec 0<δp<10 < \delta_p < 1, on définit l’angle de phase cyclique θp\theta_p par :

cosθp=1δp(q),ouˋδp(q)=1qpp.\cos\theta_p = 1 - \delta_p(q), \quad\text{où}\quad \delta_p(q) = \frac{1 - q^p}{p}.

L’identité algébrique en découle :

sin2θp=δp(q)(2δp(q))\boxed{\sin^2\theta_p = \delta_p(q)\cdot(2 - \delta_p(q))} Théorème

Lecture vulgarisée. Quand on tourne autour d’un cercle de pp points en sautant toujours du même nombre de cases, on revient au point de départ après un certain nombre de tours. Le théorème dit : l’angle qu’on parcourt à chaque saut est exactement donné par la formule ci-dessus, sans approximation. Conséquence : la trigonométrie (sin, cos, π\pi) n’est pas inventée par la PT, elle sort naturellement du crible des nombres premiers.

Pourquoi ça compte

T6 est le maillon qui fait passer le crible (purement arithmétique) à la géométrie (angles, rotations, π\pi). Sans T6, la PT serait bloquée au niveau des classes mod pp ; avec T6, on a accès à la trigonométrie complète et donc aux holonomies, aux groupes de Lie, et aux observables physiques (BA5 : αEM=sin2θp\alpha_{\mathrm{EM}} = \prod \sin^2\theta_p).

Statut épistémique : théorème/dérivation dans la monographie. La réduction sin2θp=δp(2δp)\sin^2\theta_p=\delta_p(2-\delta_p) est algébrique une fois cosθp=1δp\cos\theta_p=1-\delta_p posé ; le contenu non trivial est que cette définition de l’angle est forcée par la géométrie du crible.

Démonstration — schéma

La preuve est une dérivation directe en quatre temps :

  1. Définir cosθp=1δp\cos\theta_p = 1 - \delta_p (choix forcé par la matrice de transfert restreinte aux résidus non nuls — voir route 1 ci-dessous).
  2. Appliquer Pythagore : sin2θp+cos2θp=1\sin^2\theta_p + \cos^2\theta_p = 1.
  3. Substituer : sin2θp=1(1δp)2=2δpδp2\sin^2\theta_p = 1 - (1-\delta_p)^2 = 2\delta_p - \delta_p^2.
  4. Factoriser : sin2θp=δp(2δp)\sin^2\theta_p = \delta_p(2 - \delta_p).

Le travail substantiel consiste à montrer que la définition de cosθp\cos\theta_p n’est pas arbitraire — elle est imposée par la géométrie du crible, et trois routes mathématiquement disjointes y conduisent.

Démonstration détaillée

Route 1 — Géométrique (matrice de transfert restreinte)

Après que T1 force la diagonale principale du noyau de transition à zéro sur les classes de résidus non nulles, la matrice TpT_p restreinte aux deux classes survivantes {r1,r2}\{r_1, r_2\} s’écrit :

Tpreˊduit=(1δp1δp)T_p|_\text{réduit} = \begin{pmatrix} 1-\delta_p & * \\ * & 1-\delta_p \end{pmatrix}

où la diagonale est la fraction qui reste dans la même classe. Par conservation des probabilités (la somme par ligne vaut 1) :

(hors-diagonal)=1(1δp)=δp.\text{(hors-diagonal)} = 1 - (1 - \delta_p) = \delta_p.

L’amplitude de transition au carré, sommée sur les deux entrées hors-diagonale, donne la probabilité totale de changement de classe :

1(1δp)2=2δpδp2=δp(2δp).1 - (1 - \delta_p)^2 = 2\delta_p - \delta_p^2 = \delta_p(2 - \delta_p).

C’est la route stochastique : cosθp\cos\theta_p est la fraction de masse qui reste dans la même classe, sin2θp\sin^2\theta_p est la fraction qui change.

Route 2 — Spectrale (transformée de Fourier sur Z/pZ\mathbb{Z}/p\mathbb{Z})

Soit ω=e2πi/p\omega = e^{2\pi i/p} et χj(r)=ωjr\chi_j(r) = \omega^{jr} les caractères additifs de Z/pZ\mathbb{Z}/p\mathbb{Z}. La transformée de Fourier du noyau TpT_p, restreinte aux résidus survivants {1,,p1}\{1, \ldots, p-1\}, a pour valeur propre du mode fondamental :

T^p(χ1)=r=1p1Tp(0,r)ωr=1δp=cosθp.\widehat{T}_p(\chi_1) = \sum_{r=1}^{p-1} T_p(0, r)\,\omega^r = 1 - \delta_p = \cos\theta_p.

La contraction du premier mode de Fourier non trivial vaut donc :

1T^p(χ1)2=1(1δp)2=δp(2δp)=sin2θp.1 - |\widehat{T}_p(\chi_1)|^2 = 1 - (1 - \delta_p)^2 = \delta_p(2 - \delta_p) = \sin^2\theta_p.

Cette route identifie sin2θp\sin^2\theta_p comme le poids spectral perdu par le caractère fondamental à chaque pas du crible — un objet d’analyse harmonique sur Z/pZ\mathbb{Z}/p\mathbb{Z}, indépendant de toute interprétation géométrique.

Vérification numérique : proof_holonomy.py, Part 1, confirme la contraction P^(1)2|\hat{P}(1)|^2 à p=3p = 3.

Route 3 — Information-géométrique (composante de Fisher)

La composante par premier de l’information de Fisher

Fp(μ)=rPr1(Prμ)2F_p(\mu) = \sum_r P_r^{-1}\left(\frac{\partial P_r}{\partial \mu}\right)^2

(voir §9.5 de la monographie) satisfait Fpsin2θpF_p \propto \sin^2\theta_p au point fixe du crible. Spécifiquement, la double intégration

lnα=g00dμ2\ln\alpha = -\iint g_{00}\,d\mu^2

reproduit le produit sin2θp\prod \sin^2\theta_p parce que la métrique de Fisher est additivement séparable sur les facteurs CRT. Cette route donne sin2θp\sin^2\theta_p comme composante de courbure de la variété statistique, sans référence à des angles de rotation.

Cohérence des trois routes

L’accord exact des trois routes — géométrique, spectrale, information-géométrique — est une vérification de cohérence non triviale. Elles utilisent des machineries mathématiques disjointes : probabilités finies, analyse de Fourier discrète, géométrie d’information. L’identité sin2θp=δp(2δp)\sin^2\theta_p = \delta_p(2-\delta_p) apparaît dans chacune.

Émergence de π\pi

L’apparition de π\pi dans la PT est une conséquence directe de T6, via l’identité de Bâle :

ζ(2)=n11n2=π26.\zeta(2) = \sum_{n \geq 1} \frac{1}{n^2} = \frac{\pi^2}{6}.

La somme sur les premiers actifs {3,5,7}\{3, 5, 7\} des sin2θp\sin^2\theta_p pondérés par les multiplicités donne, à la limite continue, une intégrale qui contient ζ(2)\zeta(2) et donc π2\pi^2.

Pour la dérivation complète, voir chapitre 6 de la monographie (énoncé p. 95, motivation p. 110, trois routes p. 158, vérification numérique p. 230).

Voir aussi